Sur les 20 % de Français à revenus faible, 17 % d’entre eux renoncent à des soins optiques pour raison financière. Ces données sont issues des statistiques du ministère des Solidarités et de la Santé. Pour contrer cette tendance et viser une égalité de tous en matière de santé, le gouvernement annonce la mise en place du « 100 % santé » en juin 2018. Ce projet, plus connu lors de la campagne d’Emmanuel Macron comme le « reste à charge zéro » s’applique dans le domaine de l’optique dès le 1er janvier 2020. Les Français, couverts par une complémentaire santé, tireront profit du « RAC O » sur un panier de soins bien déterminé et selon un plafonnement bien défini.

Quels sont les changements apportés par 100 % santé ? 

Le remboursement à 100 % des lunettes devient effectif à partir du 1er janvier 2020. Votre opticien disposera d’une sélection de lunettes de vue du panier 100 % santé. Il doit proposer une variété de montures pour les adultes et pour les enfants, avec deux coloris distincts pour assurer la qualité des produits. Les paires de lunettes sont remboursable intégralement, selon un plafond de tarifs déjà en place. Ce reste à charge zéro entre en compte dans le contrat de complémentaire santé.

Le panier 100% santé ou classe A pour lunette de vue comprend au minimum 17 modèles de montures de qualité pour les adultes et 10 autres pour les enfants. Elles doivent tous répondre aux normes de qualité européennes. L’opticien doit aussi proposer au moins deux coloris distincts. Pour entrer dans le reste à charge zéro, la gamme de montures doit coûter au plus 30 euros.

Concernant les verres du 100 % santé, la réforme couvre tous les besoins en matière de correction visuelle. Les exigences techniques prisent en compte sont :

  • les besoins en antireflet

  • le traitement anti-rayure 

  • ou les demandes esthétiques comme l’amincissement des verres.

Les tarifs libres ou classe B pour lunette se réfèrent aux conditions du contrat de complémentaire santé du patient. Les montures, qui sont actuellement à 150 euros de plafonds, seront à 100 euros de plafonds à partir de 2020. Dans cette catégorie de correcteurs, l’opticien propose différentes lunettes, autres que ceux dans le panier 100 % santé. Leur coût étant libre, la complémentaire santé accorde un remboursement en fonction du type de contrat de l’assuré ainsi que de sa limite de garanties.

Les composants du panier A et panier B peuvent se croiser. Autrement dit, le patient peut choisir des verres dans le panier A et opter pour une monture du panier B. Dans ce cas, les verres seront intégralement pris en charge avec un reste à charge zéro. Par contre, pour la monture, il doit prendre en charge le reste si le coût dépasse les 100 euros, plafond remboursé. Le schéma inverse est aussi admissible. Le choix peut donc porter sur des verres du panier B et une monture du panier A.

Quelques exemples concrets du reste à charge zéro

Lorsque vous venez voir un ophtalmologue, on vous conseille souvent de porter des lunettes de vue pour rectifier votre vision. Pourtant, les prix d’une monture et des verres coûtent chers. C’est pour cela que le gouvernement a lancé le reste à charge zéro pour l’optique. 

Les exemples, ci-après considèrent des verres de correction pour de degrés situé entre -2 et -4 pour chaque œil, soit donc pour une myopie modérée.

En moyenne, le coût d’une lunette avec verres simples est de 290 euros. Le montant de la monture est de 135 euros dans l’exemple. Aujourd’hui, sans la réforme 100 % santé, le remboursement de l’assurance maladie avec celui de la complémentaire santé tourne autour des 225 euros. Ainsi, le reste, pris en charge par le patient est de 65 euros. Cette somme correspond à une prise en charge de 22 % du coût total.

Pour le même degré de correction et d’équipement, mais cette fois avec la réforme « RAC O » et que le patient choisit des lunettes du panier A, le remboursement est à 100 %.

Si le coût total des paires de lunettes est de 105 euros par exemple, avec 30 euros pour la monture, le bénéficiaire des lunettes ne paie rien de sa poche. L’assurance maladie et la complémentaire santé couvrent en effet les 105 euros.

Pour le dernier exemple, avec combinaison du panier A et panier B, prenons exemple de lunettes à 210 euros la totalité et dont 135 euros pour la monture. Les verres sont issus du panier A et la monture du panier B. L’assurance maladie et la complémentaire santé rembourseront 75 euros au total pour les verres et 100 euros pour la monture. Pour rappel, la monture est plafonnée à 100 euros. Le patient prendra donc en charge 35 euros pour ses correcteurs.

A propos des tarifs du panier reste à charge zéro.

En fonction de l’amétropie, le tarif du panier 100 % santé varie de 95 euros à 265 euros comprenant la monture et des verres unifocaux. Pour un équipement progressif par contre, incluant un traitement antireflet, les tarifs sont de 180 et 370 euros. Pour rappel, le montant maximum de la monture dans le panier « RAC 0 » est de 30 euros.

Le plafond de remboursement prise en charge entièrement par la Sécu et les mutuelles est fixé dans un décret. En tout cas, les plafonds commencent à 420 euros, 560 euros, 610 euros, 700 euros, 750 euros et 800 euros en fonction du type de verres.

Pour rappel, les montants de garanties couvrent les deux verres d’une lunette avec sa monture. Ils sont valables, pour les gens plus de 16 ans pour 2 ans et pour les enfants jusqu’à 16 ans, pour un an. Lorsqu’un renouvellement de lunette est toutefois obligatoire pour cause d’évolution de vue et que le changement est de 0,25 D pour chaque verre. Dans ce cas, les montants de prises en charge demeurent les mêmes.