La promesse du président Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle prend acte. La sécurité sociale et les complémentaires santés prennent complètement en charge certains appareils d’optique, de dentition et d’auditions. Cette réforme « 100 % santé », du « reste à charge zéro » se maintient en place progressivement. En tout cas, elle vise une égalité d’accès aux soins. Pour atteindre cet objectif, la politique accorde une annulation de la participation des patients. Comment se concrétise réellement le reste à charge zéro pour l'optique, le dentaire et l'audio ? Nous allons découvrir tous ces points dans cet article. 

Reste à charge zéro pour l'optique 

D’après les statistiques du ministère de la Santé, en moyenne 10,1 % des Français renoncent à l’acquisition d’équipement d’optique pour cause financière. Avec de plus faibles revenus, cette proportion atteint les 17 %. 

L’exemple qui va suivre représente l’état de remboursement avant la mise en application de la charge 0. Une lunette à verres simples destinés à corriger une myopie coûte en moyenne 290 euros avec 135 euros pour la monture. Le remboursement de l’assurance maladie et des mutuelles optique couvrait 78 % du total, ce qui donne 225 euros. Dans cet exemple, l’assuré prend en charge 65 euros. 

Pour la concrétisation du « 100 % santé », voici un détail des remboursements prévus. 

  • Pour des lunettes correctrices à verres unifocaux de degré situé entre le -6 et 6 dioptries : le remboursement des verres et de la monture sera plafonné à 420 euros.

  • Pour une correction plus forte de - hors zone -6 et +6 – et pour la majorité des verres multifocaux ou progressifs avec une correction de -8 et +4 dioptries : le plafond de remboursement est de 700 euros.

  • Pour les corrections plus intenses, donc pour les verres progressifs ou multifocaux : le remboursement maximal est de 800 euros. 

Les plafonds sont pour deux ans. Il faut aussi noter que la prise en charge pour une monture est de 100 euros au plus. Pour un « sans reste à charge », le montant de la monture est fixé à 30 euros au maximum. L’avantage du système est l’obligation incombant à l’opticien. Il doit en effet mettre en avant ce type de monture et proposer 10 modèles différents au moins pour les enfants et 17 autres modèles pour les adultes.

Le prix des verres « 100 % santé » est limité à 75 euros au plus et englobe tous les types de verres traitants l’ensemble des troubles visuels. Il prend en charge le durcissement des verres pour éviter les rayures, l’amincissement et le traitement antireflet. 

Reste à charge zéro pour la dentaire

En se basant sur le nombre de citoyens se rendant chez le dentiste au moins une fois par an, la France se situe en 9e place dans le classement européen. Le ministère de la Santé désire améliorer cette position pour faciliter et régulariser l’accès aux soins dentaires. Il vise même au développement de la prévention en médecine bucco-dentaire. 

L’état antérieur au panier « 100 % santé » démontre que l’Assurance maladie donne un très faible taux de remboursement à la dentition. A titre d’exemple, la Sécurité sociale couvre un particulier pour sa prothèse à 70 % du tarif conventionné. Pourtant, ce tarif est très nettement inférieur au coût réel. Sur une facture de 600 euros, le remboursement est seulement de 75 euros. En plus, la Sécu exclut le remboursement des implants dentaires, pouvant pourtant atteindre les 1.500 euros et plus.

Le « reste à charge zéro » touche 46 % des actes prothétiques. Le 1er janvier 2020, les soins prothétiques des couronnes et des bridges entre en pratique. Le reste des prothétiques, y compris les amovibles seront quant à eux effectif le 1er janvier 2021. Il procure un éventail de prothèses fixes ou mobiles à choisir, faits de matériaux divers comme le céramique full zircon ou la céramo-métallique entre autres. Les personnes en situation vulnérable ou en état fragilisé telles les diabétiques bénéficieront d’une prise en charge renforcée.

Reste à charge zéro pour l’audio

Sur 6 millions de personnes ayant des difficultés d'audition, 3 millions sont susceptibles d’appareillage. Ces chiffres sont issus des données du ministère de la Santé. Pourtant, dans la réalité, seuls 35 % de la population nécessiteux d’appareils d’auditions sont équipés. Le coût est l’un des obstacles majeurs à cela. Dès 2019, les aides auditives sont plafonnées à 1.300 euros en fonction des prothèses. À partir de 2020, le plafonnement baissera à 1.100 euros et en 2021, à 950 euros.

Autrement dit, le « reste à charge 0 » pour les appareils auditifs commence par une prise en charge de moyenne de 200 euros en moins pour 2019. En 2020, la prise en charge en moins sera de 250 euros et à partir de 2021, le zéro à charge sera effectif. Tous les types d’équipement auditifs entrent en compte, notamment :

  • le contour d’oreille classique

  • le contour à écouteur déporté

  • l’intra-auriculaire.

 En plus, avant achat, son porteur a droit à un essaie de 30 jours minimum et d’un suivi d’adaptation continue une fois par an. Cela, afin de régler l’appareil en fonction de l’évolution de l’audition. 

Ce qui est bon à savoir sur le reste à charge zéro

Pour ses trois volets principaux du reste à charge zéro, le ministère de la Santé retient les mêmes modalités de réalisation de la réforme. Il y a un panier de prestations de soins identifié comme répondant aux besoins de santé indispensable pour chacun des trois domaines. C’est ce panier qui sera pris en charge entièrement par la Sécurité sociale et les complémentaires en santé.

D’ailleurs, la mise en pratique se fait progressivement. Depuis le 1er janvier 2019, les remboursements ont commencé pour certains paniers d’offres. Le remboursement total sera effectif en 2021. 

Le coût de la mise en place du reste à taux 0 atteint environ les 1 milliards. La Sécurité Sociale prend en charge les 75 % et les mutuelles prendront les 25 % restant.